L’histoire de ma Fécondation In Vitro

Un livre représentant l'histoire de ma fécondation in vitro

La Fécondation In Vitro (FIV) est une technique qui a révolutionné la Procréation Médicalement Assistée. C’est un véritable espoir pour les couples en désir d’enfant.

Pour comprendre les différentes étapes , je vous partage ici mon expérience afin de vous préparer au mieux, à vivre votre FIV. Suivez le guide 😉

Quand la cigogne n’a pas mis à jour son GPS et qu’elle ne trouve pas notre adresse, c’est un super coup de pouce que nous donne la médecine.
10% des couples ont recours à différentes techniques de PMA pour avoir un enfant, ce n’est pas rien ! Depuis 1978, la naissance du premier bébé éprouvette, de nombreux couples ont recours à cette méthode.

Il est possible de résumer simplement la Fécondation In Vitro comme cela :

  • On prend la petite graine de papa
  • Puis la petite graine de maman
  • Elles se rencontrent dans un milieu propice
  • On regarde s’ils ont fusionné et si tout se passe bien
  • Le gynécologue remet tout ça dans la maman

9 mois plus tard un bébé arrive pour agrandir la famille. Mais c’est un peu plus compliqué !

cigogne bébé FIV

Je vous avoue que jamais je n’aurais pensé avoir besoin de cette invention pour devenir maman !
Je vais vous expliquer les différentes étapes de cette approche au travers de ce que j’ai vécu.
Pour la partie scientifique, et donc plus médicale, je vous invite à lire La Fécondation In Vitro en 4 étapes.

Comment cela se passe humainement ? Embarquons dans mon histoire.

Je suis atteinte d’Endométriose. Cette maladie m’a empêché de faire un bébé naturellement. Nous avons dû avoir recours à la procréation médicalement assistée car j’étais infertile. C’est à la suite de deux inséminations artificielles ayant échouées que nous avons été dirigés vers une FIV. En voici les étapes :

1ère étape :  la stimulation de l’ovulation

Cette première étape a pour but d’obtenir un maximum de follicules matures.

  • Le blocage

A cause de ma maladie, le protocole long est très fortement conseillé.
A la suite des conseils très avisés de notre gynécologue, nous avons donc suivi ce protocole.
Cela s’est concrétisé par une injection en intramusculaire réalisée par une infirmière à domicile de Décapeptyl®.  Je déteste les piqûres mais là c’est pour la bonne cause.
Donc elle me fait l’injection juste au-dessus de la fesse. Plus d’appréhension que de mal, ouf !
Bon ce n’est pas super agréable non plus.
Je trouve que c’est le produit qui fait plus mal que la piqûre en elle-même.

Alors c’est parti pour le blocage. Il faut en effet tout mettre au repos.

3 semaines se sont écoulées et j’ai revu mon gynécologue. Après échographie et prise de sang tout est au vert. ✔ Enfin façon de parler !
Tout est bien bloqué et c’était précisément le résultat attendu.
Nous pouvons alors commencer la stimulation. Le gynécologue me présente alors le stylo magique.

  • La stimulation

Là, c’est le moment de remettre au travail les ovaires que l’on vient de bloquer.
Allez hop on se réveille, et au boulot là-dedans.

Les injections : 

injection pmaLes injections, je connais déjà mais Ouaou surprise !
Les doses sont le double que pour les inséminations artificielles !
Pour des questions pratiques et de disponibilité, je fais mes injections moi-même. C’est d’ailleurs ce qui est le plus souvent préconisé.

Franchement jouable avec le stylo pré-rempli. Vous pouvez également demander à Monsieur de contribuer. Vous le faites à deux ce 👶 non ?
C’est un stylo magique car il permet de régler la dose à injecter et l’aiguille est petite. Ça fait moins peur et moins mal aussi. Il est assez pratique à utiliser.
Tous les jours à 19H30, je me shoote de Puregon®.

L’organisation :

Pour l’organisation c’est autre chose, c’est moins facile mais ça peut se gérer.
Etant souvent en déplacement et le produit devant être conservé au frais (sinon ce n’est pas drôle), j’ai dû prendre mes dispositions.
🚅 La veille de mon départ, j’appelle l’hôtel ou je vais dormir pour savoir si ma chambre dispose d’un frigo. Mon super stylo voyage dans une poche isotherme dans mon bagage.
Je vais déposer le précieux dans le frigo le matin avant ma journée de travail et le tour est joué. Il est nécessaire du coup de prévoir de la marge niveau timing et être organisée !

Une autre anecdote pour vous prouver qu’avec l’habitude on peut faire l’injection facilement et n’importe où.
🍴 Nous avons rendez-vous avec des amis pour manger au restaurant à 20H. Mais le temps de trajet entre notre domicile et le restaurant est supérieur à 30 min. J’ai donc pris mon stylo dans une poche isotherme et je me fais l’injection dans la voiture sur le parking. Nous pouvons profiter de la soirée.

Les contrôles : 

Parallèlement à ses injections, il faut vérifier que tout se passe bien. C’est pour cette raison que je dois réaliser une prise de sang et une échographie de contrôle tous les 2 jours.
Afin de perturber le moins possible ma vie professionnelle, je vais au laboratoire à 7H30 le matin pour la prise de sang.
Puis je file directement chez le gynécologue, chez qui j’ai pris mes rendez vous à 8H30. Etant la première patiente, je n’ai pas d’attente et ça c’est cool. Je peux enfin arriver au boulot vers 9h15 sans trop éveiller de soupçons.

  • Le déclenchement de l’ovulation

Quand les follicules ont bien grossi et atteignent 16 à 18 mm, on passe à cette dernière phase de la stimulation.
A l’échographie, le gynécologue m’a compté 7 beaux follicules et 2 autres, un peu plus petits mais pas sans espoir.
Il m’a fait voir les ronds plutôt noirs que sont les follicules sur l’écran de l’échographe. Je ne sais pas comment il fait pour voir tout ça car pour moi tout se ressemble beaucoup. C’est un vrai métier.

J’ai le GO pour faire l’injection pour le déclenchement. L’heure est fixée à 21H ce soir.
C’est une piqûre d’Ovitrelle® mais pour le coup ça change du stylo. Dans la boite, j’ai de la poudre, de la solution et trois aiguilles. Mais elles sont énormes ces aiguilles !😱

  • Aiguille n°1 : Le monstre ! Ouf elle sert à aspirer le liquide dans le tube solution et à le mettre dans le tube ou il y a la poudre.
  • Aiguille n°2 : Elle me fait encore peur celle-ci … Elle sert à bien mélanger la poudre et la solution pour que ce soit homogène.
  • Aiguille n° 3 : Bon et bien c’est la dernière, la plus petite mais quand même. Elle va me servir à faire l’injection.

C’est là qu’il faut prendre son courage à deux mains. Une pour pincer la peau et l’autre pour insérer l’aiguille et appuyer sur le piston pour injecter le produit 😉 Monsieur peut d’ailleurs vous aider encore une fois à ce stade. Il peut vous faire la piqûre !

En tout cas, je suis super contente car la stimulation a bien fonctionné. Et ça me donne le courage pour poursuivre cette aventure. Trop hâte de passer à l’étape suivante.

2ème étape : Le recueil

Cette étape du recueil consiste à prélever les ovocytes chez les femmes juste avant l’ovulation et les spermatozoïdes chez les hommes.

Pour nous, les recueils ont eu lieu en même temps, chacun de notre côté.

Mon homme 🤵

Après 3 jours d’abstinence obligatoire, il va au laboratoire.
Il doit recueillir son sperme dans un pot en plastique.
Alors d’après son expérience, ce n’est pas mais alors pas glamour du tout ! Des revues à caractères pornographiques sont à la disposition dans la salle. Le but étant à la base de le stimuler. Mais il faut bien se dire que potentiellement elles sont passées entre les mains de beaucoup d’hommes avant lui. Ça le dégoûte plus que ça ne l’excite.
Heureusement pour lui, il avait déjà eu cette fâcheuse expérience avec les spermogrammes et du coup il est venu équipé avec revues, film,…

Le sperme ainsi obtenu est transmis au biologiste qui le prépare. La préparation consiste à sélectionner les meilleurs spermatozoïdes. Les plus forts ! 💪

Pour moi 👩

Au même moment, soit 36H après le déclenchement, il est 9h du matin. Je suis à l’hôpital sous anesthésie générale et le gynécologue réalise la ponction folliculaire.

Mon homme m’a rejoint à mon réveil dans la chambre.
J’ai l’impression d’avoir fait une petite sieste avec le ventre un peu comme ballonné mais pas douloureux.
Et là forcément l’attente du résultat commence mais nous sommes confiants et on se demande :

  • Combien nous allons obtenir d’ovocytes ? puis d’embryons ?
  • On se projette pour savoir combien en implanter ?
  • Prendre le risque d’avoir des jumeaux ou pas ?
  • Quel est le nombre de tentatives de transferts qu’on va avoir ?

Et le gynécologue arrive.
Il n’a pas une très bonne tête. On commence à bien le connaître à force.
Seulement 2 ovocytes ont pu être prélevés et 1 seul est jugé mature. Nous allons donc procéder à une Fécondation In Vitro avec injection intra-cytoplasmique (FIV ICSI).
Le laboratoire nous rappellera demain pour savoir s’il y a une fécondation.
C’est la douche froide ! Après quelques heures nous rentrons chez nous totalement dépités. Sous le choc. 😞

La communication est méga giga importante dans le couple. Elle aide à passer les moments difficiles et nous permet de comprendre l’autre. C’est essentiel, non ?

Les heures passent et à l’aide d’une longue discussion, l’espoir revient ! Il ne faut rien lâcher. Allez, on y croit, après tout il suffit d’un embryon pour devenir parents.

3ème étape : la Fécondation In Vitro

Cadeaux

A cette étape, nous attendons le verdict de la fécondation  in vitro entre l’ovocyte et les spermatozoïdes qui a eu lieu ou pas.

Le verdict

Après une nuit de sommeil bien agitée, c’est le jour du verdict.
Est-ce que nous avons un embryon ?

C’est là que toute la journée :

  • On regarde si notre téléphone a suffisamment de batterie.
  • Si la sonnerie est assez puissante pour qu’on ne loupe pas l’appel.
  • Notre cerveau s’emballe dans tous les scenarii possibles et inimaginables.

Aujourd’hui, c’est le jour de mon anniversaire, donc je me dis que dame nature pourrait peut-être me faire un beau cadeau.🎁
Nous sommes ensemble avec mon homme quand mon téléphone sonne avec le numéro du laboratoire qui s’affiche.

  • Bonjour Madame ?
  • Oui bonjour
  • J’ai une bonne nouvelle, nous avons obtenu un embryon de très bonne qualité. Nous allons le laisser évoluer et nous vous rappellerons demain pour vous dire si nous pouvons procéder au transfert.
  • Voilà ce que mon cerveau a répondu : Encore un jour mais là il est tout beau mon embryon, mettez-le vite au chaud dans mon ventre ! c’est de la torture, comment vais-je survivre encore à cette attente ?
  • Et voilà ce qui est sorti de ma bouche : oui d’accord très bien.

2eme appel

Le lendemain : évidemment, j’ai encore très peu dormi et je pense très fort à mon embryon, mon bébé, notre mini nous.
Je l’ai même encouragé à se développer (mentalement).
J’ai cité toutes les bonnes raisons qu’il avait de venir agrandir notre famille.
Il faut tout essayer et ça permet d’occuper l’esprit sur des choses positives. Allez petites cellules, continuez à vous développer.

📞Le laboratoire nous appelle et nous apprend que notre embryon s’est très bien développé, le transfert aura lieu dans quelques heures !
C’est la fête ! Je suis trop heureuse !  Mettez moi mon J2 au chaud. Je suis prête à couver.

4eme étape : Le transfert

Cette ultime étape consiste à introduire dans l’utérus l’embryon obtenu.

Voilà pour nous le moment est enfin arrivé…
Je suis toute excitée, comme un enfant avant de découvrir les cadeaux le jour de Noël.
Après tout, c’est mon cadeau d’anniversaire quand même.

La procédure se passe super bien et je ne ressens physiquement rien.
Absolument aucune douleur. Le plus désagréable est la pose du spéculum, c’est pour vous dire.
Les émotions sont par contre à leurs combles.
Pendant les 20 minutes ou je reste allongée dans la salle de transfert, on se tient la main. On se regarde. Nous sommes comme dans une bulle. Ça y est notre rêve se réalise.

Mais c’est maintenant que commence la véritable attente.
A ce stade je suis enceinte… heu, en fait on ne peut pas encore vraiment dire ça… je suis plutôt porteuse d’embryon !

Et nous rentrons chez nous.

L’interminable attente

12 jours ⁉ mon dieu… 12 jours avant de savoir si notre tout petit embryon s’est bien accroché.
Je vous jure que ça parait innnnntermmmmmminnnnnnabllllllle.
J’ai dit à mon gynécologue que j’étais prête à faire le poirier pendant les 12 jours pour que mon petit bout reste bien au chaud.
Même si je sais que ça ne sert à rien et que cela n’augmente pas les chances de nidation. En même temps, je ne suis pas sûre d’avoir tenu le coup honnêtement !

Histoire de nous occuper un peu, et pour continuer dans le super glamour : j’ai un traitement de progestérone. Deux ovules à introduire par voie vaginale matin et soir ! Un vrai tue l’amour.

Autant vous dire qu’après le transfert, je vais encore plus souvent aux toilettes que d’habitude. Oui je suis une fille donc je vais déjà pas mal aux toilettes.
Mais là j’ai une autre vraie raison : je vais vérifier ce qu’il y a dans ma culotte !
Est-ce qu’il y a une micro tâche de sang ? Non ? Ouf… c’est bon signe…
Allez j’y retourne dans 1H. Enfin si je tiens jusque là 😉

Le résultat

Ça y est, le grand jour est arrivé pour nous !
Je vais faire ma prise de sang au laboratoire et je leur demande mais quand est ce que je vais avoir ce résultat ?
En début d’après-midi sur internet !!!
Par conséquence, il est difficile de manger à midi. Même pour une bonne mangeuse comme moi 😉.
Je n’arrive même plus à savoir si j’ai des signes de grossesse ou pas : un peu mal aux seins, le ventre qui tiraille et pas une goutte de sang dans ma culotte. Ça c’est un signe, non ?
Comme prévu, nous nous connectons à 13h et le résultat est là :
un taux de béta hCG à 10 UI/L.
Malheureusement ce n’est pas celui que nous souhaitions mais tout n’est pas fini.
Nous sommes vendredi et mon gynécologue me prescrit une nouvelle prise de sang le lundi.
Il me dit : « Y a eu une accroche mais ce n’est pas très bon signe, je pense que vous êtes en train de faire une fausse couche précoce ».

Suite à cet appel, le week end est très difficile, entre espoir et réalité.
On se dit qu’il ne faut rien espérer mais en même temps il est toujours là donc nous devons y croire encore un peu quand même.
Peut-être que si on continue de l’encourager, il s’accrochera très fort.

Pour finir l’histoire de mon tout petit embryon, le taux est encore plus bas ce lundi et je l’ai perdu quelques jours après.👼

Je n’oublierai jamais ce cadeau d’anniversaire car pour moi il a quand même existé.

couple espoir

D’après les études, je tiens à vous rappeler que le taux de réussite d’une FIV est de l’ordre de 20 à 25% par tentative.
Il ne faut donc pas baisser les bras et parler avec votre gynécologue pour savoir ce qui va être le plus adapté pour vous. ⚠ Chaque traitement est spécifique. Il est en relation avec votre propre parcours.
C’est également et avant tout une histoire de couple. A chaque étape du parcours de PMA, il faut se reposer les bonnes questions et rester positif. Je vous livre dans cet article 3 habitudes pour une vie positive.

Et vous, quelle est votre expérience ? Qu’avez ressenti ? Au bout de combien de FIV avez vous eu le + ?
Partagez-moi tout cela dans les commentaires.

Je vous souhaite de tout mon cœur que cette Fécondation In Vitro réussisse !

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