La Fécondation In Vitro (FIV), est une technique utilisée en Procréation Médicalement Assistée. Si vous en êtes là c’est que vous avez déjà subi une batterie de tests pour comprendre pourquoi bébé n’arrive pas naturellement.
Mais comment cela se passe réellement ?
Revenons un peu en arrière
Dans les années 1940- 1950, les chercheurs ont essayé de trouver une solution à la question suivante :
Comment faire rencontrer un spermatozoïde et un ovocyte lorsque les trompes sont obstruées ? Vu que la fécondation ne pouvait avoir lieu in-vivo (à l’intérieur du corps de la femme), ils ont essayé en dehors.
Pour commencer ils ont utilisé des cupules de verre qui ressemblaient à des verres de montres. C’est pour cette raison que nous parlons de Fécondation In Vitro (sous verres) encore aujourd’hui.
C’est en 1978, que le premier bébé éprouvette a vu le jour. Vous pouvez lire son histoire en cliquant ici.
Après ce rappel historique, voyons comment cela se passe scientifiquement ?
Je tiens à rappeler avant que vous poursuiviez la lecture, que chaque traitement est spécifique. Il est en relation avec votre propre parcours. Nous réagissons toutes et tous différemment aux traitements et seul le corps médical peut vous conseiller sur le protocole adapté à votre situation.
Voici les 4 étapes d’une Fécondation In Vitro :
1ère étape : la stimulation de l’ovulation
A chaque cycle naturel, dans la majorité des cas un ovaire travaille. Il produit et libère un ovocyte au moment de l’ovulation.
Pour permettre d’obtenir plusieurs follicules, votre gynécologue vous propose une stimulation ovarienne. Le but de celle-ci est à la fois quantitatif et qualitatif. Il faut optimiser les chances de succès de votre FIV.
Elle se déroule en 3 phases :
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Le blocage de l’ovulation 🚫
L’objectif est de maîtriser l’ovulation et surtout de faire en sorte qu’elle arrive quand on le souhaite. Pour effectuer ce blocage on peut utiliser deux types de protocole :
o Protocole long : Les agonistes (comme par exemple Décapeptyl® ou Enantone®) servent à bloquer l’ovulation. Une seule injection effectuée permet de mettre les ovaires au repos. Mais cette phase peut prendre 15 à 20 jours avant de commencer la stimulation.
C’est pour cette raison qu’il est appelé « long ».
o Protocole court : On utilise également des agonistes (en voilà quelques-uns Synarel®, Lucrin®, Décapeptyl®) mais à effet rapide : 24h. Les injections sont quotidiennes pendant quelques jours.
L’avantage : ce protocole se déroule en même temps que la stimulation. Les injections sont réalisées à heure fixe à partir du premier jour des règles. Il existe aussi des solutions nasales pour pulvérisation à la place des piqûres.
Un protocole court peut également avoir lieu sur un cycle naturel.
Il s’agit d’une stimulation sans blocage. Mais il est moins souvent proposé car il comporte un gros risque d’annulation.
En effet en l’absence de blocage, l’ovulation n’est pas aussi prévisible.
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La stimulation
Là, il faut mettre au travail les ovaires que l’on vient de bloquer.
Pour ce faire, mesdames nous allons nous shooter à la gonadotrophine .
Des injections tous les jours à heure fixe sont donc à réaliser à l’aide d’un stylo pré-rempli (médicaments fréquemment utilisés sont Gonal-F®, Puregon® ou Ménopur®).
Il est préconisé de réaliser les injections majoritairement entre 18H et 21H.
On entre alors dans la phase du monitorage de l’ovulation.
L’organisation continue et à cette étape il faut être méthodique et souvent avertir son employeur. Car on réalise une prise de sang et une échographie de contrôle tous les 2 jours.
La prise de sang sert à vérifier le taux d’œstradiol dans le sang.
L’échographie est utilisée pour compter le nombre de follicules et les mesurer.
Le gynécologue peut alors ajuster le traitement en fonction des résultats obtenus et surtout éviter une hyperstimulation.
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Le déclenchement de l’ovulation
Quand les follicules ont bien grossi et atteignent 16 à 18 mm, on passe à cette dernière phase de la stimulation. Le taux d’hormones doit également être optimal. Le gynécologue indique que tout est prêt et prescrit la dernière piqûre.
Le déclenchement de l’ovulation par une injection d’hormones hCG (souvent Ovitrelle®) est effectué à une heure précise pour permettre que la suite de l’histoire s’écrive.
2ème étape : Le recueil
Cette étape du recueil consiste à prélever les ovocytes chez les femmes juste avant l’ovulation et les spermatozoïdes chez les hommes.
Comment procède-t-on ?
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Pour la femme ♀️
La ponction folliculaire est réalisée environ 36H après le déclenchement.
C’est pour ça que c’est à heure précise qu’il faut faire la dernière piqûre.
Ils ne vont quand même pas faire la ponction en plein milieu de la nuit. Ils sont humains et nous font généralement venir le matin pour que nous puissions rentrer chez nous dans la journée et reprendre une vie normale dès le lendemain.
Cela se réalise sous anesthésie locale, générale ou même sous hypnose. L’intervention dure en moyenne un quart d’heure.
Chaque centre de PMA a ses habitudes sur le mode d’endormissement, mais vous pouvez en parler à votre médecin.
Les ovocytes sont prélevés un par un et transportés au laboratoire. Le laboratoire analyse alors le contenu du recueil.
Il détermine :
– Le nombre d’ovocytes : il peut varier entre la dernière échographie et la ponction
– La maturité des ovocytes : un ovocyte capable d’être fécondé par un spermatozoïde est jugé mature
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Pour l’homme ♂️
Après 3 jours d’abstinence (et oui on ne fait pas l’amour quand on veut en parcours de PMA 😒 ), le matin de la ponction de Madame, il va au laboratoire.
Monsieur doit recueillir son sperme par masturbation dans un gobelet qui sera transmis au biologiste. Ce dernier prépare le sperme.
La préparation consiste à sélectionner les spermatozoïdes les plus toniques et les plus mobiles.
3ème étape : la Fécondation In Vitro
La FIV à proprement parlé, consiste à mettre les spermatozoïdes en contact avec les ovocytes.
Ils se rencontrent dans un milieu de culture et sont mis sous couveuse pour être à 🌡37°C comme dans le corps.
Grâce à un microscope, le biologiste observe si la fécondation a lieu et attend la première division cellulaire pour parler d’embryon.
24h après la ponction, on peut donc avoir une idée du nombre d’embryons obtenus. Selon les centres, un ou deux embryons dit « frais » sont transférés. Les embryons surnuméraires sont congelés pour permettre une autre tentative en cas d’échec ou de souhait de nouvel enfant.

4ème étape : Le transfert
Cette ultime étape consiste à introduire dans l’utérus l’embryon obtenu.
Ça vous enlève toutes idées magiques de la conception. Mais c’est quand même un moment vraiment empreint d’émotions 💕.
Je ne saurais que trop vous conseiller de réaliser cette ultime étape en couple.
On va mettre cet ou ces embryons là où ils doivent être naturellement.
Et c’est déjà la concrétisation d’un rêve.
Si vous avez le choix en obtenant plusieurs embryons à la suite des 3 étapes précédentes, il faut en discuter. Avant d’effectuer le transfert, vous devez vous interroger en couple à l’éventualité d’une grossesse multiple. En parler également avec le médecin qui vous suit. Et prendre la meilleure décision pour vous, en pleine conscience.
Il est d’usage de transférer un embryon dans la majorité des cas. Le transfert, de 2 ou 3 embryons, est plus rare afin d’éviter les grossesses multiples, mais peut-être également proposé.
Le matin du grand jour, mesdames, vous devez vous présenter la vessie bien remplie au laboratoire. Monsieur, vous accompagne pendant toute l’intervention qui ne prend pas plus de 15 min.
Tout est fait sous contrôle de l’échographie et donc vous pouvez suivre en direct sur l’écran ce qui se passe.
La salle de transfert communique avec le laboratoire par une petite fenêtre interne. Le gynécologue installe un spéculum et dès que le biologiste lui transmet le cathéter (tube en plastique hyper fin) dans lequel est l’embryon (ou les embryons), il l’insère et dépose la petite goutte contenant ces quelques cellules dans votre utérus.
C’est sans aucune douleur.
Le gynécologue redonne le cathéter au biologiste qui vérifie que celui-ci soit bien vide. Si c’est effectivement le cas, votre embryon est au chaud en vous.
Vous devez ensuite rester allongée dans cette salle 20 – 30 minutes avant de rentrer chez vous. C’est le moment de vous retrouver tous les deux et d’échanger autour de vos émotions ressenties.
Un conseil : essayer d’être tous les deux le plus serein possible à cette étape précise.
L’équipe médicale sait à quel point ce moment est important pour vous alors n’hésitez pas à leur dire ce qui vous aide à vous sentir bien.
En résumé et schématiquement ce que les médecins appellent Fécondation In Vitro peut être représentée comme suite :

L’interminable attente
Elle mérite qu’on lui consacre un chapitre complet !
Après cette procédure, les 2 semaines qui suivent, les jours, les minutes sont assez dures à appréhender.
En effet, après le transfert, une prise de sang est à réaliser pour savoir si vous attendez un bébé. Elle est à réaliser en moyenne 10 à 12 jours après le transfert. Elle sert à mesurer votre taux de hCG (hormone Chorionique Gonadotrope).
Pendant cette période d’attente de multiples questions apparaissent : Que dois-je faire ? Est-ce que si je reste allongée ça marche mieux ? Est-ce que je peux recommencer à bouger ?
Aucune étude n’a prouvé que rester inactive ou allongée facilite la grossesse. Vous pouvez donc reprendre une activité normale et continuer à travailler.
Il est même fortement conseillé de vous occuper l’esprit.
Après toutes ces étapes médicalisées, vous êtes maintenant seuls en attendant la prise de sang de dosage. Vous avez une bonne dizaine de jours à occuper.
Dans la majorité des cas, vous aurez un traitement à suivre.
Il est souvent constitué d’ovules de progestérone, des patchs d’estradiol, d’aspirine nourrisson et parfois d’antibiotiques. Comme d’habitude, suivez bien le protocole médical qui vous est propre.
⚠ Ces traitements peuvent donner à peu près tous les signes de début de grossesse. Il est alors très difficile de savoir si notre corps réagit aux traitements ou si on est enceinte. Les tests urinaires peuvent être trompeur parfois. Seule la prise de sang est fiable, si elle n’est pas réalisée trop tôt. Je sais, c’est tentant.
Le résultat 🤞
À la suite de la prescription médicale, vous avez effectué la prise de sang au laboratoire. L’hormone béta hCG est testée. Vous venez de recevoir le résultat.
Le tableau ci-dessous représente le taux moyen en fonction du stade de la grossesse. Je vous le mets à titre indicatif. En cas de grossesse multiple, le taux est souvent bien supérieur.
Seul l’avis de votre gynécologue compte pour le résultat.
Taux de béta hCG en fonction de l’avancée de la grossesse
Il y a alors 3 possibilités.
Partons du pire pour finir par le meilleur (il est important de finir sur une touche positive 😉) :
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Le test est négatif (< à 5 UI/L)
Cela signifie que vous n’êtes pas enceinte.
Dans ce cas, votre gynécologue recevra les résultats en même temps que vous et vous fixerez un nouveau rendez-vous avec lui. Vous parlerez alors des options qui vous sont proposées.
Prenez le temps de digérer cette difficile épreuve et de vous questionner sur ce que vous voulez vraiment pour la suite.
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Le test est très faiblement positif (< 50 UI/L)
Ce n’est pas négatif mais cela est un peu bas. Vous êtes enceinte mais il faut rester très prudente.
Votre médecin va vous prescrire une nouvelle prise de sang à effectuer 48H après pour vérifier que la grossesse évolue. Lorsque c’est le cas, le taux doit avoir doublé.
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Le test est positif (> 50 UI/L)
Vous êtes enceinte et le début de l’aventure grossesse commence.
Vous devrez également vérifier que le taux double au bout de 48H pour confirmer la poursuite de la grossesse puis attendre la première échographie de contrôle pour être vraiment rassurée mais c’est bien parti.
D’après des études récentes, je tiens à vous rappeler que le taux de réussite d’une FIV est de 20 à 25% par tentative. Une FIV est réussie quand, au bout du parcours, les parents tiennent dans leurs bras ce bébé tant désiré.
Ce qui veut surtout dire que le taux d’échec est quand même énorme. Et celui-ci n’évolue pas énormément depuis des années.
Monsieur dans tout ça !
Je vous ai beaucoup parlé de la femme dans ce parcours de fécondation in vitro, mais évidemment Monsieur a un rôle très important. Il ne fait pas que donner son sperme ? Oh non !
Il est un soutien essentiel.
Il se sent parfois impuissant face à tous les traitements que sa compagne doit suivre. Mais Messieurs, sachez que vous êtes notre pilier et ce qui nous donne envie de nous battre contre l’injustice que peut représenter ce parcours.
Alors surtout ne nous laissez pas seules dans cette bataille.
Voici quelques trucs et astuces qui nous font du bien à nous les femmes (cette liste est non exhaustive) :
- C’est souvent dans le regard de l’autre qu’on trouve la force et qu’on s’épanouit.
- Intéressez-vous aux traitements, faites les injections si vous le souhaitez.
- Soyez présents lors de la ponction et surtout du transfert.
- Un bouquet de fleurs, une attention.
- Parlez-nous : la communication est essentielle dans un couple. Je dirais même encore plus quand on traverse des difficultés. C’est un moment où nous avons besoin d’être rassurées ! Nous avons besoin de vous.
- Soyez force de proposition pour faire passer le temps pendant l’attente interminable.
- Accentuez les moments de complicité en partageant vos doutes et en vous rappelant pourquoi vous voulez fonder une famille.
Prenez soin de vous deux à tous les niveaux !
6 conseils complémentaires.
- Attention à tout ce que l’on trouve sur Internet et vérifiez les informations auprès du corps médical. Seule l’équipe soignante qui vous suit connait exactement votre parcours.
- Arrêtez de fumer : cela diminue tellement vos chances.
- Diminuez ou limitez l’alcool : mais bien sûr un petit verre, pour l’apéro de temps en temps, ça fait du bien à tout le monde non ?
- Faites du sport de manière régulière : pas besoin de courir un Marathon mais bougez-vous !
- Tentez l’équilibrage alimentaire : On arrête les régimes yoyo qui ne servent à rien ! et à l’inverse on évite les repas trop riches.
- Restez actif : continuez toutes les activités qui vous font plaisir.
Je souhaite terminer en vous disant qu’il faut s’accrocher malgré les échecs et surtout ne rien regretter.
N’oubliez pas que c’est l’amour qui vous permet de continuer à avancer dans ce chemin vers la parentalité.
Et je vous souhaite à toutes et tous que cette FIV réussisse ! 🍀
Avez-vous des conseils, pour vivre au mieux cette fécondation in vitro ?
Partagez les dans les commentaires.
Source : « Un enfant…enfin » co-écrit par les Pr René Frydman, Dr Muriel Flis-Trèves et Pr Nelly Fridman
